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Chronique : Retro Land : Entretien avec Stéphan Cahn

Le fabuleux destin de... - Par - 17 Novembre 2009 20:07:32

Une exclusivité Gamerama, en plus c'est même pas une blague !

Ah, la presse française, vaste sujet. Tellement de diversité, d'opinions différentes, de chroniqueurs de qualité... Malheureusement, lors de mes derniers papiers, je fus apostrophé par plusieurs lecteurs (idiots, excusons-les) : "Oui, mais, Chocolat, tu n'y connais rien, tu ne fais que critiquer, tu n'es pas un vrai journaliste d'investigation et puis on veut plus de fromage à la cantine." Eh bien, je reviens avec une interview de H. Falcon. Véridique ! Cet entretien tout en profondeur nous permettra d'éclaircir le sujet Retro, mais pas trop non plus, parce que sinon j'aurais plus de sujet pour la fin d'année et puis un peu pour l'année prochaine aussi.

Nous avons tout d'abord essayé de comprendre le personnage de Stéphan Cahn, alias Heart (et non pas Herbert ou Hélicoptère comme on avait pu penser) Falcon - mais c'est encore l'intéressé qui se décrit le mieux :

"Mon parcours est assez atypique. Celui d'un homme de l'ombre du jeu vidéo, mais qui, à son échelle, à néanmoins tenté d'œuvrer pour une juste cause à la base : celle de l'import, celle de la culture jap véhiculé dans le jeux vidéo, et plus globalement celle des valeurs artistiques intrinsèques à celui ci."


H Falcon a commencé dès 19 ans à Shoot Again, une boutique d'import sur Paris, et comme il composait déjà des musiques sur Amiga depuis trois ans et il s'est dit que ça pourrait être une bonne idée de travailler dans le secteur. Après, il a monté une boîte de vente pas correspondance dans sa chambre, et vendait des jeux de rôles importés, déjà tout petit contre la concurrence. C'est là qu'on se dit que c'est bizarre la destiné, il aurait pu devenir fan de pornographie, monter un téléphone rose (dans sa chambre également) et puis faire comme certains et collectionner des films Japonais comme des Pokémon. Mais la Neo Geo est passée avant.

Là, désolé, mais je vais éluder, parce que si je devais trouver des blagues et des contre-pétries sur tous les minimes événements que je vais conter, ça rangerait directement l'article dans la catégorie Gros VIP, et je serais obligé de vous demander une participation pécuniaire en échange d'un exemple de littérature. Ce que je ne ferais pas, évidemment, par humilité, et puis parce qu'en temps de crise, il faut penser avant tout à ces très chers pauvres, je décide donc de m'acheter mon carambar et mon café avec mon argent à moi (que je n'ai pas durement gagné cela dit).

Il existe heureusement la méthode flemme (qui trouve son utilité dans certaines occasions) :

- Sunrise Import est créé par H Falcon et un ami à lui de Gemu Otaku.
- Il devient l'importateur officiel de SNK.
- Sega France le traine au tribunal pendant trois ans
- Il crée ensuite la boutique Akiba. Sérieux ? La chaine de boutiques où je vais acheter mes manga a été fondée par H Falcon ? C'est digne d'un Shyamalan !
- Il monte ensuite J-Type, une boutique basée sur le retro et sur l'import
(et non pas l'import et le retro comme avant)
- Il s'associe à Japan Culture Press et en devient le dirigeant
- Paramedic lance l'unité Paramedic

A partir de là, le reste est plus ou moins connu : il participe à Game Fan, dont il n'approuve ni la forme, ni les méthodes de communication, et qu'il soutient malgré l'échec commercial du premier tome. Retro Game et Game Museum apparaissent. Au bout de trois ans, la formule devient rentable, même si Falcon y laisse son entreprise J-Type. Il relance une autre entreprise avec un ami, Games Wave, et propose l'idée de la boutique en ligne Retro Game Shop pour financer le fameux Retro Game 4, le magazine qui a mis deux ans à sortir, pour le résultat qu'on en connait. Cette fois ci, au lieu d'y laisser son entreprise, tel le grand George Lucas tentant de finir sa trilogie, il se verra abandonner par sa famille à cause de sa passion obsessionnelle.

C'est à partir de là que commence la Katastrophe, alias Retro Game 5. Parti voir Yellow Media (petit rappel : c'est le nouveau nom de Future, ils en ont changé pour essayer de faire oublier leur immonde image), ils sont intéressés par l'idée, et puis finalement non parce qu'ils ont peur que un magazine papier ne se vende pas assez (quelle idée !), et c'est de là que vient le concept bâtard et incompréhensible d'un hors série été de Joypad spécial Retro. On remarquera toutefois le niveau des quiches qui habitent le département marketing de Future, parce que aliéner le "public retro" - qui est la principale cible du mag - en tentant le projet mou d'un "spécial Kévin, découvre les années 80 !", ça doit être une des pires idées que j'ai jamais entendues.

Il semblerait donc que l'original, Retrogame 5, ait plus de gueule que l'actuel hors série Joypad, je vous jure, j'ai les planches sous les yeux. Alors évidemment, on retrouve toujours ce qui nous aura fait rire dans la version finale, l'analyse psychologique de Michael Jackson, l'article sur le théâtre Grecque, Strider, Musclor tout ça, mais au moins, la maquette est plutôt jolie et ça reste globalement cohérent, contrairement à cette horreur de design Gaming-Gameblog-Web3.0-Moustache. Remarquons également que les textes ont été lourdement édités, souvent pour des rajouts inutiles (jeux de shoot à vaisseaux... ), d'autres pour couper des paragraphes entiers et ré-organiser l'article en lui-même. Bien sur Yellow Future repousse le mag (terminé à l'origine le 27 Avril 2009), n'en fait aucune promotion, au point que même l'équipe ne connait pas la date de sortie, et d'un point de vue financier sera une (énième) catastrophe pour les rédacteurs.

Au final, une bonne moitié du contenu a disparu, et il n'y a aucun test de H Falcon dans la version finale ! Et oui, finalement, l'horreur qu'est ce Retro Game 5 n'est pas vraiment signée Stephan Cahn, ce qui est plutôt
embêtant, quand on vient de faire une série de cinq papiers lui tapant sur les doigts. Au temps pour moi ! La prochaine fois sera la bonne.

Reste que la version originale pourrait sortir un jour, ou pas, donc voici un avant gout, avec l'ancien sommaire :


Cliquez


Actuellement, H Falcon refuse d'envisager un autre support que la presse écrite. Un site ne serait "pas viable économiquement". Moi personnellement, je pense que si on peut gagner sa vie en publiant des concours Wii Sports, on peut très bien le faire avec un site Retro, mais bon. Il ne veut pas non plus revoir le style de ses publications : pour lui, Retrogame est "politiquement incorrect" comparé au reste de la presse, grâce à son style imagé, plein d'envolés lyriques, de métaphores recherchées, un style qu'il définit par grandiloquant. Par là, il cherche à retranscrire "l'émotion, les sentiments, le ressenti des férus d'import qui considèrent le jeu vidéo comme un art qui les bouleverse".

Il reconnait aussi que ses projets jusqu'ici, ont malheureusement souffert d'un manque de professionnalisme du à un manque de moyens évident. Chose qui s'est aggravée quand il a essayé de se justifier et d'expliquer ce qu'il aurait voulu faire si possible, sans expliquer en parallèle les problèmes auxquels il faisait face., ce qui est plutot déroutant pour le grand public qui se demande alors "pourquoi ne fait-il pas ce qu'il veut ?"

Passons maintenant au grand sujet du Retro, et surtout de sa définition plus que variable selon les passionnés. "Le retro pour moi comporte l'intérêt majeur de pouvoir témoigner aux jeunes générations (ou rappeler aux plus anciennes) combien il y avait une liberté d'idée et une euphorie créative basé sur un monde totalement imaginaire, dans les productions passées. Le Retro est là pour moi, afin de mettre en évidence une certaine image du ludisme" en opposant ça aux productions modernes, où le réalisme est de mise. Le retro est là aussi pour "connaître l'histoire du jeu vidéo"... et pour vibrer en rejouant aux jeux d'antant :"retrouver une euphorie électrisante devant la dynamique d'un Space Harrier". Mais le Retro n'est pas le Classic Gaming (mais qu'est ce que le Classing Gaming ? telle est la question) et n'est pas non plus du simple Vintage. La période "Retro" engloberait désormais tout depuis l'Amiga jusqu'à la Playstation 2.

Mais le baroud d'honneur Retro de H Falcon pourrait bien déjà être passé. A ce jour, il ne prévoit aucune nouvelle publication, d'une part car cela demande énormément de travail, mais également car le monde du jeu vidéo ne lui "donne plus la faith", précise-t-il. Il aimerait cela dit faire un magazine "contemporain et retro en même temps", un équivalent de l'Echo des Savanes, mais forcément, comme "le temps des rêves ludiques est mort" ce n'est pas vraiment au gout du jour. Voilà, c'est à peu près tout.

Je pourrais commenter cette vision développée dans l'entretien, mais laissons cette tribune réservée à H.Falcon, après tout, il l'a bien méritée.

"Nous devons rester dans l'entertainment fun à tous les niveaux. Pour rire, pour pleurer, pour s'émerveiller, pour s'échapper. De quoi? De tout ce qui n'est pas ludique."



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