Chercher
Sélectionner la rubrique:




Chercher par titre:




Chronique : Gentlemen.

Arnaques, fraîcheur et propreté - Par - 03 Septembre 2009 20:00:30

La fin de la série Retrogame, enfin dans les kiosques.

Il semblerait que plus de dix rédacteurs aient contribué à ce Retrogame spécial, mais comme aucun article n'est signé...

Directeur du magazine : Xavier Lévy
Directeur des rédactions : Brice N'Guessan
Rédacteur en chef : Laurent Deheppe
Chef de rubriques : Christophe Collet et Fabien Dupressoir
Secrétaire de rédaction : Géraldine Humphries
Rédacteur graphiste : Eric Sallé
Directeur artistique délégué : Vincent Meyrier

Ont collaboré au numéro
Younes Jabrane (Colorex)
Stéphane Cahn (H.Falcon)
Devrim Abdiler (Gilgamesh)
Sébastien Peretti (Raton Laveur)
Pierre Monnot
Jérome Paquette
Fréderick Benkel (Fred.B)
Jean-Baptiste Haelflinger (Gemu Otaku)
Jean-Baptiste Jarraud (Ze Player)
Erman Abdiler

Après, bon, comme chaque article est à foutre à la poubelle, j'ai bien peur que l'identification de qui fait quoi ne soit pas vraiment indispensable. Je préfère prévenir donc, non, le H.Falcon n'est pas à blâmer seul pour cette énième immondice Retro. Cela dit, il a été le papa d'une bonne dizaine de magazines du même niveau, et a donc pu approuver, pour ces publications, leurs contenus. Aujourd'hui, il ne sera pas question simplement de ce hors série, mais du filon Retro en général, et des divers books, mooks, fanzines, et autres papiers machés. H.Falcon ne fait que participer à un mouvement qui le dépasse, mais comme il est particulièrement mégalo et particulièrement loquace, il est plus facile à identifier, et donc à critiquer, désolé.

On a tous des souvenirs de nos sessions de jeu. La mort d'Aerith, le changement de manette dans Metal Gear Solid, la Soul Reaver qui se casse sur le dos de Raziel, The day the snow turned to rain, did you see a black car, la découverte de la plaine d'Hyrule, les forteresses volantes de Mario 3, une liste qui pourrait s'étendre sur autant de pages qu'un test de Resident Evil 5, mais ce ne sont pas vraiment ces moments là qu'on regrette.

Le magazine Retro (ou le lecteur, la principale différence entre les deux c'est que l'un a voulu étaler son escroquerie de la langue française sur du papier au lieu de forums de nolife), lui, fait semblant qu'avant, grande période entre "au début" et "ma mémoire devient floue", "c'était mieux". Que finalement, nos bons souvenirs correspondent à la qualité du jeu. Mais ce que vous ne comprenez pas, bande d'attardés, c'est que ce sentiment, c'est juste de la nostalgie, et pas de la nostalgie envers ces jeux, mais de la nostalgie de votre vie d'avant.

C'est simplement une histoire de contexte, quand toi, cher lecteur, te souviens avec tendresse de Banjo Kazooie, c'est parce que quand tu rentrais après l'école, tu regardais Beetle Borgs et Hey Arnold devant des tartines de banania avec ton grand frère, pas fondamentalement (ou seulement) parce que le jeu était super bon.

La deuxième tare du magazine Retro, c'est d'essayer de faire croire qu'en achetant leur torchon à 7,50€ et en lisant leur coulis anal se résumant à étendre pendant trente pages "wow, le premier trailer de mgs2, quel choc !", en un instant, vous allez fondre en larmes. Et ouais, qu'est ce qu'il est fort H.Falcon, hein ? En collant cinq adjectifs à chaque nom commun, vous allez vous souvenir de l'odeur de la campagne, de pépé Tartocaca qui vous racontait des histoires, de votre famille que vous voyez plus depuis longtemps, et là, vous allez avoir une révélation comme à la fin d'American Beauty, oh, je la vois d'ici : vous allez comprendre. Comprendre quoi ? Un jour, vous comprendrez.

Vous penserez au discours de Barbe Noire sur les rêves qui ne finissent jamais, mais bon, vous vous rendrez vite compte que ce magazine est un échappatoire, et qu'autour de vous, tout est mort, froid. Le monde est méchant, plein de pervers psychopathes, de méchants critiques, qui font que raconter des âneries, et casser nos rêves, nos passions et nos espoirs. Dieu lui même a envoyé sur terre les rédacteurs Retro pour pouvoir partager leur émotion, pour sûr.

Une fois, j'ai essayé de m'infiltrer dans cette quasi-secte, et je demande, c'est quoi l'intérêt de tout acheter en version japonaise ? Et que pourquoi vous achetez des magazines pour apprendre trois anecdotes, surement montées de toutes pièces, ou résultants d'un couac du rédacteur. Leur réponse ? La passion. Comme si je savais que Shinji Mikami avait lâché une caisse avant de faire le dernier niveau de God Hand, d'un seul coup j'allais atteindre une espèce de transe, me détacher des petites gens, devenir un vrai fan et me connecter émotionnellement avec tout le monde qui connait ce fait, comme ça, un jour, on pourra se faire des clins d'œils virtuels au coin du feu parce qu'on partage la même culture, et quelle culture les amis !

Sauf qu'en fait c'est pas de la passion, c'est de la débilité. On pourrait vous vendre n'importe quoi, dégénérés. Des NES Classics, des coussins Famicom, une énième ré-édition collector avec un pin's, des autocollants ou un artbook, vous seriez prêts à vous jeter dessus, juste pour étaler devant tout le monde votre "passion". La preuve, H.Falcon l'a compris. Il a compris que finalement, exploiter les geeks, ça leur donne enfin une utilité. Que s'ils étaient prêts à acheter tout et n'importe quoi pour se donner un genre et faire semblant d'être passionnés, pourquoi ne pas leur vendre un magazine Retro ? Après s'être lavé les mains, encore une fois, de la sortie de son torchon, en invoquant cette fois ci "le grand méchant Future" qui a tout modifié (la dernière fois, c'étaient les "méchants rédacteurs" qui lui avaient volé ses articles, souvenez vous), devinez ce qu'il cherche ? De l'argent. Et oui coco, la passion, ça se construit avec de l'encre, surtout celle sur les billets violets.

H Falcon a écrit :
Je recherche donc des fonds. Des business angels, des mécenes. Des gens qui croient encore en la possibilité de changer les choses dans la presse contemporaine kiosque et internet. Et je me fout que ce soit naif, idéaliste, illusoire. Car c'est, au delà de tous les clivages, largement bankable. Si il y en a , tant mieux, les idées sont là. Si il n y en a pas, et bien tanpis pour eux car ils passent à côté de la toute prochaine tendance en presse : le retour de l'authenticité. Ce que tout le monde réclame dans tous les domaines. Faire que la presse joue son rôle privilégié en complément d'internet.


Ah ! De bien grands mots. De l'authenticité. Du bankable.

H Falcon a écrit :
En gros,la presse actuelle, le formatage, le cul-coincage, l'influence editeur-pub-article,la vulgarisation à outrance qui envoie de la soupe à un lectorat catalogué - mais absolument pas dupe - le renoncement à donner les clés de la compréhension à un lectorat qui fera la démarche de venir s'enrichir d'un contenu accessible mais non bradé, TOUT CELA NOUS POLLUE depuis trop longtemps et se trouve être la raison principale du déclin de la presse, à mon sens. C'est pas la peine de tout mettre sur le dos du net quand on a plus rien depuis à insufler depuis des lustres.


Pensez à ça maintenant : ce type, qui nous vend depuis maintenant plusieurs années du vomi élitiste illisible, culture pour les nuls et bourrés de fautes de français, comme le montre ce Retrogame/Joypad, mais également TOUS les papiers qu'il a pondu jusque là, qu'il me fasse pas le coup de trouver une excuse en carton pour se dédouaner une énième fois, ce type là, essaie de s'imposer comme le Batman d'une Presse Écrite City, plein d'idées, de concepts, de bonne volonté. Malheureusement, invoquer l'art, l'authenticité, la sensibilité, la poésie, et je ne sais quelle idiotie pour que le Saint Père Ueda arrive sur son griffon, nous reconnaisse comme "hardcore gamers", et nous sauve des méchants "casual gamers" (car évidemment, le lecteur/rédacteur Retro dégobille sur tout ce qui rentre dans la catégorie "Kevin", GTA, Burnout, PES, etc). J'ai néanmoins du mal à comprendre pourquoi ce personnage (et d'autres) se sent investi de la mission de continuer sa fraude intellectuelle. Quelle idée de vouloir pourfendre le politiquement correct des autres rédactions à coup d'articles encore plus formatés que ceux de la presse basique ?

Sérieusement, pense-il vraiment que le public "passionné de jeux vidéo" s'intéresse à ses interprétations moisies sur le premier boss de Strider ? Sur l'enfance de Michael Jackson ? Sur les "chevauchés terrestres", et les "ultra vision" de "l'inconscient effervescent" ? Ne pensent-ils pas que le public attend de la presse écrite qu'elle s'achète un sens de la critique, une culture, et qu'elle s'attaque, comme le fait James Clinton Howell, un TRADUCTEUR, même pas journaliste, à Metal Gear Solid, à Mother, à Killer7 ? Ou bien qu'elle cherche un autre moyen (solidarité rédactionnelle) de rendre hommage au passé, sans passer par la diarrhée verbale sur les sempiternelles moments surfaits idéalisés par des gros geeks élevés au biberon Nintendo qui ne pourront jamais être expliqués par des mots ? Non, je ne crois pas. Faisons plutôt un dossier sur les RPG !



Retour à la page des chroniques




Contact - Mentions légales